Crise Covid-19 : Celtigel imagine une sortie de crise qui passera par le collectif : PME, distributeurs et consommateurs.

Dans cette période de crise inédite, les PME françaises font face à de multiples obstacles (sanitaires, économiques et réglementaires) qui évoluent de jour en jour. Sécuriser leurs équipes, maintenir la production, livrer leurs clients pour nourrir les français…elles sont sur tous les fronts et inventent de nouvelles solidarités. Soutenez-les PME françaises plus que jamais !

Christophe Delacotte, Directeur Commercial de Celtigel – Filiale du Groupe Le Graët (Fabrication de plats cuisinés surgelés – Effectif : 200 personnes) située à Plélo (Côtes d’Armor), témoigne.

FEEF : Quelles actions avez-vous mises en œuvre face à la crise ?

Christophe Delacotte : En dépit des difficultés, CELTIGEL répond présent au-delà des engagements. Nous avons augmenté nos capacités de production et bouleversé nos plannings pour répondre à la hausse des commandes à chaque fois que c’était possible. Nous avons également dû renforcer nos équipes (heures supplémentaires, Intérimaires…) pour faire face à l’absentéisme et à l’augmentation de l’activité. L’énergie déployée nous permet d’assurer un taux de service remarquable malgré le contexte.

Les différents plans d’actions mis en place chez CELTIGEL :

  • Notre priorité a été de mettre en œuvre toutes les mesures permettant à nos salariés de venir travailler en sécurité. Nous avons intensifié le nettoyage de nos installations et des points contacts, mis en œuvre les mesures « barrières » et équipés nos salariés de protections lorsqu’ils ne pouvaient pas respecter les règles de distanciation. Nous avons donné les moyens de télé travailler, dès lors que les missions pouvaient être réalisées à distance.
  • Réunion chaque début de semaine avec R&D, Achat, planification, indus, commerce pour faire le point sur la visibilité dispo matières premières/ ingrédients / Emballages / Cartons de regroupement => Risque de rupture
  • Nous avons gardé la planification à 3 semaines mais avec réadaptation possible chaque semaine en fonction de l’évolution ou les risques de ruptures.
  • Appel chaque semaine de l’ensemble de nos clients (acheteurs) pour faire le point des stocks produits finis et prévisions.
  • Appel par la R&D des services R&D et qualité de nos clients afin d’anticiper les changements d’ingrédients (versus cahier des charges) en fonction des ruptures potentielles.
  • Priorisation de fabrication en fonction des formats les plus vendus sur la période (formats familiaux privilégiés)

FEEF : Quels sont les problèmes majeurs que vous rencontrez ?

Christophe Delacotte :

  • Hausse de certaines matières premières dues à des changements de fournisseurs pour palier aux ruptures.
  • Réduction (80%) de la fabrication de produits destinés au réseau RHF
  • Hausse des coûts logistiques (des camions repartent à vide)
  • Ruptures de matières premières / Risque de ruptures emballages.
  • Organisation production / Logistique .
  • Décalages ou annulations de développements en cours avec certains de nos clients.

Sur le plan de la trésorerie le fait de faire partie du Groupe Le Groupe Le Graët, un groupe familial en bonne santé est rassurant pour nos fournisseurs, nos clients mais aussi pour l’ensemble du personnel de l’entreprise.

FEEF : Selon vous, y’aura-t-il un avant et un après cette crise ?

Christophe Delacotte : Nous ne mesurons pas encore l’impact économique de cette crise. Une prise de conscience sur le consommé local est d’ores et déjà dans les esprits. Il y aura forcément un avant et un après crise, nos clients privilégierons certainement l’origine France pour leurs recettes, la question en suspend est à quel prix ? La conscience du consommé local est bien dans les esprit, le prix à payer l’est beaucoup moins, les relations commerciales risquent donc de se tendre.
Quel sera le pouvoir d’achat des consommateurs ? Chômage en inévitablement en progression, entreprises, artisans, commerçants en difficulté dans différents domaines, cela ne favorisera pas non plus la reprise.
Pour Celtigel, le fait d’avoir une filière pêche France intégrée est évidemment un atout, une réponse aux attentes de nos clients et donc par conséquence de nos consommateurs . La certification OFG pour une gamme de notre catalogue l’est aussi. Le sourcing matière évoluera forcément, nous aurons besoin de l’ensemble des acteurs, et notamment de nos partenaires distributeurs sur le plan économique mais aussi pour bien communiquer auprès des consommateurs