CRISE COVID-19 : "Les Délices de la Mer" concilie agilité, engagement et pragmatisme.

Dans cette période de crise inédite, les PME françaises font face à de multiples obstacles (sanitaires, économiques et réglementaires) qui évoluent de jour en jour. Sécuriser leurs équipes, maintenir la production, livrer leurs clients pour nourrir les français…elles sont sur tous les fronts et inventent de nouvelles solidarités. Soutenez-les PME françaises plus que jamais !
Antoine  TINCQ, Directeur Commercial de l’entreprise de conserverie Les Délices de la Mer, Filiale du Groupe Le Graët, située à Plélo – Côtes d’Armor

FEEF : Quelles actions avez-vous mises en œuvre face à la crise ?

Antoine Tincq : La Priorité pour nous, et tout de suite, c’était la sécurité de nos collaborateurs (38 salariés) et de nos partenaires. Nous avons immédiatement saisi l’enjeu et tout a été mis en œuvre pour poursuivre l’activité avec la sécurité au centre de l’échiquier. Nous avons effectué des aménagements importants dans notre atelier de Plélo (Côtes d’Armor) et dans l’organisation de nos personnels administratifs.

La seconde priorité c’était de pouvoir servir le client en quantité et en qualité : les premières semaines furent consacrées à la gestion opérationnelle « basique » de notre activité soit : produire, livrer, facturer en toute sécurité. Une période durant laquelle nous avons également beaucoup échangé avec nos clients pour faire face aux nombreuses problématiques car honnêtement personne n’était prêt à un tel chambardement.

Depuis une petite semaine, nous rentrons maintenant dans une « routine de confinement » . Notre personnel est exemplaire et nous essayons tout doucement de reprendre un lien commercial de développement avec nos partenaires pour pouvoir préparer les fêtes de fin d’année 2020, qui pour nous PME seront déterminantes.

Sur le plan social et à l’initiative du Groupe Le Graët, nous avons également mis en place une prime mensuelle de continuité d’activité à l’ensemble de nos salariés. Cette prime sera versée pendant toute la période de confinement.

FEEF : Quels sont les problèmes majeurs que vous rencontrez ?

Antoine Tincq : D’un point de vue économique, nous sommes durement touchés par cette crise. Sur le Mois d’Avril nous prévoyons un recul de Chiffre d’Affaires d’environ 40%. La restauration commerciale indépendante que nous touchons via nos distributeurs est une activité quasiment à l’arrêt, elle représente en temps normal 20 % de notre chiffre d’affaires. En GMS MDD nous budgétons une baisse de nos ventes de plus de 25 %, due majoritairement à la suspension temporaire de certains codes. Quant à notre activité à Marque propre régionale « L’Ile Bleue » , elle est aussi quasiment à l’arrêt, nos commerciaux ne pouvant se rendre en points de vente.

Nous sommes une conserverie principalement axée sur la fabrication de Soupe de poissons et de bisque de Crustacés, deux activités qui souffrent aussi bien à l’amont qu’à l’aval, n’étant pas des produits 20/80. Notre activité de fabrication de Sauces d’accompagnement est moins touchée par la baisse des volumes.

Nos mix de marge sont également déséquilibrés par l’accroissement des ventes des produits 20/80 et le choix de nos clients de suspendre temporairement les codes plus « Premium » pour faciliter la gestion des flux en entrepôt.

Comme pour beaucoup de PME, c’est la double peine car nous vendons moins et ce que nous vendons est moins valorisé.

Au-delà du volet économique, nous évoluons dans un contexte où tout est plus difficile. Il nous faut concilier agilité, engagement et pragmatisme pour faire face aux problématiques induites par cette crise. Pour exemple, la planification des productions est un véritable casse-tête, aura-t-on la matière ? aura t-on le personnel ?, aura-t-on les emballages ? La supply Chain est moins fluide, il faut s’adapter en permanence pour pouvoir servir nos clients au mieux.

Sur le plan de la trésorerie le fait de faire partie du Groupe Le Groupe Le Graët, un groupe familial en bonne santé, est forcément quelque chose de rassurant.

FEEF : Selon vous, y’aura-t-il un avant et un après cette crise ?

Antoine Tincq : A très court terme, c’est un coup dur, un coup d’arrêt, mais dans  les grandes lignes notre stratégie d’entreprise ne sera pas impactée par cette crise. Nous pouvons même dire qu’elle renforce certaines de nos certitudes, de nos objectifs et  de nos engagements pris : être partie prenante de la filière pêche Française (nous possédons des ateliers de mareyage sur toutes la côte Bretonne qui nous fournissent quotidiennement en poissons et coquillages), s’inscrire dans une démarche RSE, développer nos partenariats avec nos distributeurs autour de produits sains, nourriciers et Français.

L’inconnu pour nous, comme pour d’autres, sera l’ampleur et la durée de la crise économique à venir et son impact sur le pouvoir d’achat. Mais quoi qu’il arrive nous sommes convaincus, grâce à nos équipes,  que nous serons en mesure  de répondre  à ces nouvelles problématiques.