CRISE COVID-19 : PUR NATUR TIRE LES ENSEIGNEMENTS DE LA CRISE POUR DEMAIN FAIRE GRANDIR SA STRATÉGIE

Dans cette période de crise inédite, les PME françaises font face à de multiples obstacles (sanitaires, économiques et réglementaires) qui évoluent de jour en jour. Sécuriser leurs équipes, maintenir la production, livrer leurs clients pour nourrir les français…elles sont sur tous les fronts et inventent de nouvelles solidarités. Soutenez-les PME françaises plus que jamais !

Cédric d’Halluin, Directeur commercial de Pur Natur (Production de fromages AOP et de produits laitiers Ultra Frais bio) basé Selles- Haute Saône – Région Bourgogne Franche Comté, témoigne :

FEEF : Quelles actions avez-vous mises en œuvre face à la crise ?

Cédric d’Halluin : La priorité a été mise sur la sécurité de nos équipes sur le site. Le télétravail est impossible pour la grande majorité des salariés de notre laiterie. Donc les gestes et attitudes de bases ont très vite été adoptés : information concernant les gestes barrière sur chaque lieu stratégique du site, éviter de se faire croiser les différents « postes », communication permanente avec le Responsable de site sur les droits et sur la santé de chacun. Nous avons finalement réussi à obtenir des masques. A l’inverse nous avons fourni des EPI à l’Hôpital de Vesoul : charlottes, surblouses, surchaussures.

Nous nous sommes rendu compte lors de cette crise que nous manquions d’informations et de connexion avec tous les organismes d’état ou interprofessionnels qui pouvaient venir en soutien des PME. Nous nous sommes donc adjoint les services d’une aide extérieure à temps partagé sur ces thématiques (adhérent du réseau Bras Droit des Dirigeants).

FEEF : Quels sont les problèmes majeurs que vous rencontrez ?

Cédric d’Halluin : Tout d’abord, il a fallu veiller à pénaliser le moins possible nos salariés en termes de revenus. De façon spontanée, beaucoup d’entre eux ont opté pour les solutions de RTT ou de récupération pour éviter le chômage partiel. Nous avons quand même demandé auprès de la Direccte de notre région une autorisation préalable de recours à l’activité partielle pour quelques centaines d’heures.

Un 2ème écueil a été l’arrêt brutal des débouchés pour notre gamme de Fromages AOP (Munsters) qui est essentiellement à destination du circuit de Restauration Hors Domicile qui a été  touché de plein fouet par cette crise. Malgré des initiatives locales intéressantes (Intermarché notamment), nous avons dû opter pour la solution des Dons Alimentaires auprès de différentes associations caritatives. Nous avons été dans cette démarche par l’Association SOLAAL qui globalise les demandes partout en France et qui organise la logistique. Au-delà de la satisfaction de ne pas avoir à « détruire » le fruit du travail de nos équipes, nous participons à la solidarité nationale et sur le plan économique nous réduisons le manque à gagner par de la défiscalisation propre à ce type de dons.

Heureusement notre activité « Yaourt Bio » à destination de la GMS continue à fonctionner de façon « quasi » normale. Néanmoins des référencements qui étaient en cours de réalisation ont été reportés. C’est un manque à gagner non négligeable

Nous activons aussi tous les leviers pour que la « facture » économique soit la moins salée possible : suspendre les paiements dits obligatoires , optimiser les aides nationales ou régionales aux PME, raccourcir les délais de paiements de nos clients….

FEEF : Selon vous, y’aura-t-il un avant et un après cette crise ?

Cédric d’Halluin : Sans aucun doute… Des phénomènes de fond vont se renforcer et des retournements de situation vont avoir lieu.

Industriels et Commerçants devront tenir compte de l’impact de cette crise sur notre chef à tous (el Jefe comme l’appelle Mercadona en Espagne) : le consommateur.
Pour partie et par la Force des choses, les Françaises et Français ont remis leur tablier pour cuisiner, ont redonné de l’importance au « goût » et au
« faire soi-même » et du coup ont cherché des ingrédients nouveaux, pratiques d’utilisation, sains. Ils ont découvert le côté pratique du Drive et du e-Commerce en général, ont repris des repas en famille à la maison, ont joué la carte de la Solidarité en consommant local via les circuits courts, ont pris conscience du poids énorme de leurs déchets (collectés à moindre fréquence) et de la recyclabilité ou non des emballages, ont redonné du crédit aux acteurs de la Grande Distribution, ont découvert de nouveaux produits, de nouvelles marques car les leurs étaient en rupture. Etant encore récents sur le marché, notre stratégie d’Entreprise et de Marque Pur Natur, va assurément tenir compte de ces phénomènes marquants. Nous profitons de ce temps « forcé » de réflexion pour préparer l’avenir en termes de gamme et de communication.

Et en tant qu’employeurs, nous avons certainement remis l’accent et le focus sur le bien-être de nos ressources humaines, nous nous sommes aussi rendu compte que le télétravail moins pollueur pouvait aussi être efficace et source de valeur ajoutée, que des aides étaient à disposition des PME même en dehors des temps de crise, que faire partie de réseaux interprofessionnels était un vrai plus en temps de doute, qu’il était dangereux de miser sur un seul canal de distribution, qu’il y avait des failles dans notre solidité financière et que des solutions devraient être trouvées en anticipation avec nos partenaires : banques, assurances, conseils juridiques, fournisseurs.

Et puis j’ose croire que les nombreux exemples de solidarité entre acteurs de la Grande Distribution et PME ne resteront pas anecdotiques.