EGAlim 2 : Chronique de la mise à mort annoncée des PME agroalimentaires françaises

Plus de deux ans après l’entrée en vigueur d’EGAlim, force est de constater que les mesures prises n’ont pas permis de stopper la spirale déflationniste. Pire, les PME agroalimentaires françaises continuent d’être la variable d’ajustement dans les relations commerciales. La tendance va encore s’empirer avec « EGAlim 2 » si le texte examiné à partir du 24 juin au Parlement reste en l’état. Pourtant, la solution existe pour l’éviter : au Président de la République d’en décider.

Tout avait si bien commencé… En février dernier, Emmanuel Macron soulevait très justement l’incompatibilité entre les objectifs d’EGAlim et la LME (loi de modernisation de l’économie, 2008) qui a introduit la négociabilité tarifaire, mortifère pour l’industriel et pour la création de valeur sur toute la chaîne. Quelques semaines plus tard, une nouvelle loi EGAlim était annoncée pour compléter la précédente… Espoir !

Puis à la lecture du texte : patatras ! Le mot « transformateur » et le terme « PME » sont complètement absents de la proposition de loi, alors que ces dernières représentent 98% des industries agroalimentaires françaises.

Point positif : EGAlim 2 vise à protéger la rémunération de l’amont agricole ; ce qui est absolument nécessaire pour les agriculteurs qui sont avec les PME agroalimentaires, les Entrepreneurs du Territoire et les garants de notre souveraineté alimentaire.

Néanmoins, la non prise en compte des coûts de transformation des PME agroalimentaires constitue un grave danger pour l’ensemble de la filière et notre indépendance économique. Les PME privilégient en effet l’approvisionnement français ainsi que les circuits courts et ont un rôle prépondérant dans l’industrialisation de la France.

Nous demandons donc au Président de la République d’aménager « EGAlim 2 » pour assurer une meilleure protection des revenus agricoles sans que cela ne se fasse au détriment des PME agroalimentaires. Soit un Prix Rémunérateur pour TOUS !

La solution du « Prix Rémunérateur pour TOUS » consiste à rendre au transformateur la maîtrise de son tarif. Il s’agit d’être en capacité de répercuter à la grande distribution les coûts agricoles ainsi que les coûts liés à la transformation pour créer de la valeur afin de mieux la répartir.

A défaut, dans le schéma actuel, les PME vont être prises en étau et voir leur compétitivité, déjà fragilisée par huit ans de guerre des prix, s’éroder davantage au détriment de la vitalité des territoires et des emplois locaux.

Il n’y a pas de fatalité. Vouer les PME agroalimentaires françaises à la disparition. Ou garantir un Prix Rémunérateur pour TOUS les acteurs de la filière.

C’est faire un choix politique d’avenir : celui des PME françaises indépendantes et de la souveraineté locale.

Appel cosigné par 139 PME de nos régions
Lionel Ader (Charcuterie Ader)
Dominique Amirault (Famille Amirault-Grosbois)
Christian Astruc (Biscuiterie Astruc)
Remi Banon (Les fumoirs de Saintonge)
Philippe Bardoz (Ovalis)
Yohan Barret (Minoterie Megnaud)
Baptiste Bayart (2Bfresh)
Céline Bedouet (Papstar France)
Laurence Bernadet (Sarl Bernadet)
Marc-Olivier Bernard (Brasserie de Bretagne)
Jean-Luc Bernerd (MGH)
Daniel Bigotte (Burg Vinaigres France)
Jean-Pierre Blanc (Malongo)
Ségolène Blomme (Confit de Provence)
Olivier Bonnel (Melaba ginko)
Alain Borde (Borde)
Joseph Bourget (Sainte Lucie)
Katrien Bousson (Pietercil Interco)
Valéry Brabant (Charbonneaux Brabant)
Gaël Brabant (Delouis)
Didier Bucheler (Espressotime)
Jean Buisson (Alpina Savoie)
Stéphane Catrice (Chicorée du Nord)
Jean Chanas (Ac Marca Idéal)
Sybile Chapron (Nature et aliments)
Franck Cherblanc (Atria)
Nadège Chuvin (Croc’Frais)
Thierry Corret (Jock)
Nathalie Courreges (La Moutarderie confiserie)
Yoann Cros (Salaisons Cros)
Luc Darbonne (Darome)
Liliane Daubet (Bella Via)
Stéphane De Checchi (Maison Rivière)
Jean Christophe De salins (Laboratoire phytogers)
Adrien Decastille (Funky Veggie)
Samuel Delattre (Beautiful brands)
Dorothee Dereux (Cooked by)
Alexia Desir Chassagne (Juste Pressé)
Stéphane Douence (Vinaigrerie Générale)
Pascal Dupré (Yruce)
Ludovic Duriez et Yves Berroche (ODNV)
Arthur d’Espous (Larnaudie)
Elodie Fabié et François Ruzafa (Fabié)
Stephan Fargeau (Marius Bernard)
Christophe Février et Jean-René Millair (Laiteries H.Triballat – Rians)
Emilie Fléchard (fromagerie Gillot)
Bruno Fleith (Le Brin d’Olivier)
Laurent Garandel (Armor plats cuisinés)
Frédéric Garnier (Premium Foods Solutions)
Lucien Georgelin (Lucien Georgelin)
Philippe Gerard (Biovidis)
Emmanuel Goetz et Isabelle Wicker (Bretzel Burgard)
Valérie Grammont (Citizen Fire)
Eric Guillemin (Argru)
Martin Guinchard (Sacré Willy)
Philippe Heimburger (Heimburger)
Xavier Jeanpierre (Ifri European Partner)
Magalie Jost (Nature et Aliments)
Elise Justal (Val Légumes)
Alix Kautzmann (Le Coq Noir)
Eric Lacombe (Sph Gérard Bertand)
Matthieu Lambeaux et Philippe Milleret (Agrobiothers)
Dominique Lambert (Coryl Ets Lambert)
Philippe Laratte (Boutique Nature)
Thierry Lauvergeat (Culture Miel)
Hervé Le Borgne (St Bernard)
Valerie Le Graët (Groupe Le Graët)
Sebastien Le Roy (Mosaique)
Thierry Le Solliec (CMC France)
Charles Lebaudy (Biscuiterie de l’Abbaye)
Jérôme Lebrun (Groupe BPA)
Marie Lecal-Michaud (Famille Michaud Apiculteurs)
Claude Lellouche (Mediascore Food)
Jeanne Lemoine (Groupe Lemoine)
Manuel Lenglet et Xavier Théophile (Le Grenier des Gastronomes)
Benoit Léon-Dufour (Somapro)
Majid Lepers (Foodbiotic)
Philippe Leplomb (La Pizza de Manosque)
Richard Lerosey (Swani)
Jean-Philippe Lewandowski (Groupe Française de Gastronomie)
Benoît Lhomme (La Tourangelle)
Georges Libaudière (GFT France)
Frédéric Ligeour (Cristalinas)
Sébastien Loctin (Biofuture)
Agnès Lutun (Chicorée du Nord)
Antoine Madrid et Clément Munin (Groupe Panther)
Stéphane Malandain (Roches Blanches)
Franck Manifacier (Food District)
Patrick Mazardin (Covi)
Eytan Melloul (Mondial Fruits Secs)
Gaëtan Mercier (Gelpeche)
Francoise Merle (Paradeigma)
David Montagnon (O2 Fruits)
Marc Pajotin (Frais Emincés)
Jean-Marc Parsat (Vins JL Parsat)
Sébastien Pautrel (Biscuiterie Mère Poulard)
Catherine Petitjean (Mulot et Petitjean)
Marco Petrelli et Jean-Yves Festoc (Novamex)
Stéphanie Pistre (Gimbert Surgelés)
Bruno Pollin et Julien Ledin (Kambly France)
Yves Pouilly (St Hubert)
Léonard Prunier (Maison Prunier)
Yannick Quiniou (Maison Serrault)
Benoit Renauld (Werner et Mertz)
David Reverseau (Goulibeur)
Julien Richard (IBB)
Angel Rodriguez (Bioplants)
Benoît Rousseau (Pâtisserie des Flandres)
Rémi Roux (Ethiquable)
Cédric Roy (Huitres Lamaison)
Olivier Sanfilippo (Tipiak)
Antoine Sardin (Fromacoeur)
Eric Schilling et Julie Peyrat (GMPA)
Véronique Sicard (Boulangerie Sicard)
Valérie Siegler (Carola Wattwiller)
Frederic Stagni (Mc and Co)
Benoît Steiblen (Aperinnov’)
Antoine Teisserenc (Coudene)
Konthirith Tek (Laboratoire France bébé nutrition)
Olivier Thumin (Confiserie du Roy René)
Jean François Torrelle (Albert Ménès)
Alexis Vaillant (Alterfood)
Olivier Valery (Corsica gastronomia)
Laurent Vanderpotte (Sudagro)
Claudie Vardelle (Baillon et compagnie)
Philippe Varloud (French By Nature)
Emmanuel Vasseneix (Laiterie De Saint Denis De L’hôtel)
Jean Verdier (Naturgie-favols)
Antoine Wassner (Sabarot)
Antoine Weil (Starwell)
Laurent Willart (Oh Gourmand)

Tribune publiée dans LSA le 14/06/2021