Évolution de Gouvernance ... une co-construction ! 

Lorsque l’on parle d’évolution de gouvernance, de quoi parle-t-on ?

Cet article souhaite donner quelques éléments de compréhension et une méthode :


Gouvernance, de quoi parle-ton ?

Du latin gubernare, « diriger un navire ». Le mot gouvernance fut d’abord utilisé en France, entre le XIIIe siècle et le XIVe siècle, et renvoyait à l’idée de « gouvernement » entendu au sens d’art de gouverner. Il désignait l’ensemble des techniques permettant de disposer et d’entretenir le bien public. Il est revenu dans un sens différent, sous l’influence entrepreneuriale anglosaxone «governance» dans le sens de gouvernement d’entreprises dans les années 1990.

Il reprend ensuite place dans la société à travers le terme «système de gouvernance» en marquant l’enjeu systémique nécessaire pour répondre à la complexité de nos organisations et de notre société.

La norme ISO 26000 place la gouvernance au centre des 6 questions centrales de la norme et en donne cette définition :

« La gouvernance de l’organisation est le système par lequel une organisation prend des décisions et les applique en vue d’atteindre ses objectifs. La gouvernance de l’organisation peut comprendre à la fois des mécanismes formels de gouvernance, reposant sur des processus et des structures définis, et des mécanismes informels, émergeant en fonction des valeurs et de la culture de l’organisation, souvent sous l’influence des personnes qui dirigent l’organisation. […] Ces systèmes sont dirigés par une personne ou par un groupe de personnes (propriétaires, membres, mandataires sociaux ou autres) détenant le pouvoir et ayant la responsabilité d’atteindre les objectifs de l’organisation. »

« La gouvernance devrait être un aiguillon de haute performance, un souffle d’énergie ; elle doit contribuer à la création de valeur durable pour l’organisation. » Allaire et Firsirotu, 2003

La gouvernance d’entreprise (ou de toute autre institution) est l’ensemble des organes et règles de décision, d’information (transparence) et de surveillance permettant aux ayants droit et partenaires d’une institution, de voir leurs intérêts respectés et leurs voix entendues dans le fonctionnement de celle-ci.


Évolutions de gouvernance

Les gouvernances de nos organisations ont besoin d’évoluer pour s’adapter aux enjeux de notre époque.

Nos entreprises doivent réaliser une transition de gouvernance qui implique des hybridations entre ce qui est en place et l’idéal porté par les nouveaux paradigmes organisationnels. L’enjeu consiste à construire des évolutions de gouvernance réalistes et singulières qui favorisent les liens, la capacité de résilience, la confiance et le bien-être de l’organisation et des individus sans pour autant stresser le système.

Faire évoluer les gouvernances est une manière d’outiller les entreprises pour leur offrir une agilité d’adaptation et de prise de décisions renouvelées.

Ce travail de gouvernance s’associe souvent à une démarche collaborative et ce à des niveaux variables des organisations : équipes, services, toute l’organisation . Il est une opportunité de réappropriation des enjeux de l’organisation par les humains qui la compose et recréer ainsi du sens collectif via un lieu sensible et souvent sanctuarisé de l’organisation : la prise de décision et le pouvoir.

Nos gouvernances actuelles se sont constituées de manière empirique sur les bases rationnelles des pensées scientifiques et mécanistes de la révolution industrielle. Elles ont en quelque sorte fait leur temps.  Elles aspirent aujourd’hui naturellement à évoluer.

Elles sont adaptées aux enjeux de l’époque : traiter avec discipline des structures compliquées de causes à effets sur du moyen et long terme.

Leurs spécificités reposent sur :

  • la fragmentation linéaire des tâches
    • les procédures et le contrôle
    • la hiérarchisation et centralisation des pouvoirs
    • une chaîne de responsabilité par le management – Autorité et intelligence individuelle
    • 2 rôles effectifs : le management et l’opérationnel

Elles reposent sur les statuts, les organigrammes, les règlements intérieurs et les normes qualité. Leurs formes sont souvent présentées par des organigrammes pyramidaux.

Il émerge, depuis une vingtaine d’années, une nouvelle génération de gouvernance. Elles reposent sur un paradigme issu des pensées systémiques : l’organisation est un système complexe interconnecté mue par une raison d’être.

Elles ont émergé des besoins de paix sociale et de bien-être au travail ainsi que des courants collaboratifs du numérique.

Elles permettent de traiter avec discernement des situations complexes liées à des mouvements chaotiques constants.

Leurs spécificités reposent sur :

  • l’interconnection transversale et agile des tâches
    • l’autonomie et l’auto-organisation
    • l’organisation circulaire et en réseau de l’information
    • la responsabilité par les équipes – subsidiarité et intelligence collective
    • la co-responsabilité des individus et une évolution des rôles de management

Leurs formes sont souvent présentées par des cercles et des systèmes dits «organiques» de cercles.


Quelques éléments de méthode pour une évolution adaptée de votre gouvernance.

L’expérience montre que les besoins d’évolution des gouvernances d’organisation résident souvent dans :

> Un besoin de clarté sur les composantes de la gouvernance

> Une carence de travail sur les liens d’interactions entre ces mêmes composantes

La base : Construire une synergie entre les dimensions statutaires et organisationnelles de l’entreprise

Si l’une est normée et établie (statutaire), l’autre est souvent plus empirique (organisationnelle).Même si elle est établie, la statutaire est souvent peu partagée. L’opérationnelle est quant à elle souvent soit peu formalisée, soit sur-formalisée dans des normes. Il y a souvent des tensions entre les deux particulièrement dans les prises de décisions.

L’enjeu : travailler sur la responsabilité et le pouvoir de décision en clarifiant qui est responsable et qui décide de quoi, comment et dans quelle instance.

Ces deux notions structurantes de la gouvernance sont souvent amalgamées dans la notion de hiérarchie. La responsabilité est légale et/ou opérationnelle, elle implique de se porter garant de ses actions ou de celles des autres.

Le pouvoir de décision est stratégique et/ou opérationnel, il peut incomber à des personnes mais ne pas impliquer nécessairement de responsabilité.

Les opportunités : les notions de redevabilité et subsidiarité proposent un nouvel horizon dans les gouvernances des entreprises. 

Ces deux notions émergentes clarifient le lien entre responsabilité et pouvoir de décision.

La subsidiarité est le principe selon lequel une responsabilité doit être prise par le plus petit niveau d’autorité publique compétent pour résoudre le problème. Une autorité centrale ne peut effectuer que les taches qui ne peuvent pas être réalisées à l’échelon inférieur

La redevabilité est le moyen par lequel le pouvoir est exercé de façon responsable. La redevabilité nécessite d’impliquer et de rendre des comptes aux différentes parties prenantes et en particulier aux personnes concernées par l’exercice de ce pouvoir.

Voici le processus que novaSens Conseils vous propose de vivre pour faire évoluer votre gouvernance d’une manière collaborative et adaptée à la culture de votre entreprise.


AUTEUR : Olivier massicot

Expert en dynamique collaborative des organisations, il est consultant sénior-associé de la Scop novaSens Conseils.
Il accompagne depuis 15 ans des entreprises, fédérations et associations dans la mise en place d’organisations et de gestion de projets dites collaboratives autour des enjeux de management, gouvernance, vision et raison d’être. 

olivier.massicot@novasens-conseils.com

NovaSens Conseils accompagne les entreprises dans leurs évolutions à travers des accompagnement stratégiques collaboratifs. Elle développe la marque “Agora du vivant” une offre innovante de séminaire d’équipe centrée sur la responsabilité sociétale des entreprises et ancrée dans les paysages naturels de Vallée de la Drôme, inspirés par la richesse des savoirs du projet de territoire pionnier Biovallée et dynamisés par ses acteurs innovants.