L'info produit : Entretien avec Florence RENARD, Direction Qualité. Responsable du Département Nutrition, Santé, Filières Durables Achats Marchandises Casino.

Propos recueillis par Olivier Collet pour « Passerelle », la Lettre de la relation PME-Distribution publiée par la FEEF.

Comment récupérez-vous concrètement les informations produits ?

Florence Renard : Les références proposées à nos consommateurs doivent présenter un étiquetage transparent, loyal et précis qui leur permet de faire un achat de manière éclairée que ce soit sur la composition et sur les valeurs nutritionnelles ou la performance environnementale ou sociale du produit.

Pour rappel, les informations présentes sur les emballages peuvent être de différentes natures : des informations obligatoires réglementées par des textes français ou européens (dénomination, DLC, valeurs nutritionnelles, consignes de tri…), des labels représentant des certifications volontaires (Max Havellar, Rainforest, MSC) ou des mentions apposées à des fins marketing.

Lorsqu’une recette est validée par une de nos enseignes, nos fournisseurs fabricants mettent à disposition, dans un logiciel nommé Trace one les informations qualité liées au produit comme sa composition détaillée.
A partir de ces informations de composition, les éléments d’étiquetage peuvent être établis en conformité avec la réglementation : liste d’ingrédients, valeurs nutritionnelles et autres données réglementaires d’étiquetage. Nous intégrons également les allégations marketing (pur beurre, sans colorant..) pour que toutes les mentions souhaitées sur le packaging soient regroupées et validées bilatéralement par le fournisseur et nos équipes.
Les échanges entre responsables qualité d’AMC et responsables qualité fournisseurs sont très importants car les données collectées dans Trace One doivent permettre d’assurer que les étiquetages proposés soient le reflet de la recette et du process mis en œuvre.

La réalisation d’un cahier des charges dématérialisé permet donc de centraliser toutes les données nécessaires à la réalisation des textes packaging et celles nécessaires au e-commerce. En effet, les informations d’étiquetage issues du cahier des charges servent de base pour la réalisation des packagings. Les données présentes sur les sites  e-commerce sont également issues des cahiers des charges qualité. Les données sont transmises chaque semaine de manière dématérialisée à chaque enseigne pour qu’elle puisse générer les fiches produits destinées aux sites  e-commerce.

Quel est le process et la fréquence pour la mise à jour des données produit ?

FR : Plusieurs raisons peuvent conduire à mettre à jour les données produits indiquées sur le packaging ou sur le e-commerce ; il n’y a pas de fréquence définie.

Tout d’abord l’arrivée de nouvelles exigences réglementaires peut avoir un impact sur nos étiquetages.

Nous nous appuyons sur une veille scientifique et réglementaire qui nous permet d’anticiper ces évolutions et d’être en conformité pour les dates d’application des textes. L’interdiction d’un additif ou le changement des consignes de tri sont des exemples de changement réglementaire qui nous obligent à ajuster nos recettes et/ou nos étiquetages.

Mais nos recettes peuvent évoluer également à la demande de nos enseignes ou à la demande du fournisseur. Pour chaque modification de recette validée, le cahier des charges est révisé pour mettre à jour les données produits avant que les changements ne soient opérés en usine.
Ainsi si l’évolution de la recette modifie les données de l’étiquetage comme un changement d’origine de la viande ou une réduction des additifs par exemple, la partie étiquetage du cahier des charges est mise à jour.
Cela entraine systématiquement une actualisation du packaging du produit.
Ces éléments confortent l’importance d’échanges réguliers entre interlocuteurs qualité pour anticiper ces modifications et ne pas risquer de non-conformité d’étiquetage.

Et finalement des plans d’analyse annuels permettent de mettre en évidence les références ayant des écarts entre l’étiquetage et les résultats analytiques. Ces comparaisons sont basées sur une moyenne de plusieurs analyses pour être représentatif de plusieurs « batchs » de production. Un écart mis en évidence conduira à une demande de mise à jour du cahier des charges et des valeurs nutritionnelles étiquetées et donc des données packaging.

Dans ces différents cas, la validation des données dans les cahiers des charges provoque la transmission des nouvelles données dématérialisées au e-commerce.

Ainsi, comme vous le voyez, le service qualité est un acteur clef des mises à jour des packagings pour des évolutions de données d’étiquetage.

Quel est votre choix de hiérarchisation des infos produits ?

FR : Nos clients doivent trouver facilement les renseignements qu’ils cherchent comme par exemple la date limite de consommation, les ingrédients, les conseils de conservation ou les valeurs nutritionnelles mais nos packagings doivent également véhiculer les valeurs de nos marques.

Le socle d’engagements du groupe, piloté par la direction qualité, constitue un réservoir d’informations sur lequel les enseignes peuvent s’appuyer pour valoriser on pack leurs valeurs de marques respectives.

La hiérarchisation de l’information produits sur nos packagings, qu’elle soit visuelle ou textuelle, est propre à chaque enseigne mais la mise en avant des engagements en verbatim ou logo est essentielle pour chacune d’entre elles.

Interview extrait de Passerelle. La lettre de la relation PME-Enseigne, Mars 2022. Publiée par la FEEF.