PME : Et si vôtre Supply Chain devenait un pôle de création de valeur ?

INTERVIEW DE :

Lydie FICHEUX, experte de la Supply Chain de la Grande Distribution depuis près de 21 ans. Elle est l’intervenante des formations FEEF sur les pénalités logistiques et assure la Hotline Supply Chain (réservé aux adhérents).


Comment définiriez-vous le rôle de la supply chain dans les enseignes et pourquoi la pression sur les fournisseurs s’exerce par le principe des pénalités logistiques ?

LYDIE FICHEUX : Depuis 20 ans les distributeurs ont bien saisi l’importance de la Supply Chain. En qualité de distributeurs, ils ont dû faire des choix stratégiques (mécanisation , automatisation etc… ) et se sont  structurés aussi dès lors que des process non aboutis, de la part des industriels, viennent désorganiser et perturber leur logistique. Les sanctions tombent et se traduisent par des pénalités très souvent disproportionnées certes, mais surtout  mises en œuvre pour dissuader de recommencer et donc indirectement demander aux industriels de s’améliorer. 

Il est donc primordial pour l’Industriel de se poser, d’intégrer l’importance de ce service au sein de l’Entreprise de le structurer peut-être autour de ce dossier toxique que sont les pénalités.

De toute évidence, l’industriel doit prendre la main et pouvoir dénoncer des besoins précis pour répondre aux attentes des distributeurs et ainsi contrer et négocier ces pénalités.


Quels sont les principaux freins des PME dans leur gestion de leur supply chain ?

LYDIE FICHEUX : Il n’y a pas de véritable frein mais plus simplement la volonté d’accorder une véritable place à la Supply Chain et bien évidemment de soigner sa Supply Chain.

Longtemps considérée comme un centre de coûts, la Supply Chain est devenue un pôle de création de valeur capable de doper la productivité et la profitabilité des Entreprises.

Le Taux de service, le taux de croissance, l’amélioration des stocks et de la productivité, la réduction des délais de livraison et des coûts sont de véritables indicateurs à mesurer.

Ne pas réduire la Supply Chain aux flux physiques de la logistique, intégrer les flux financiers, et d’informations. La Supply Chain doit être un facteur de compétitivité.


Y-a-t-il des solutions concrètes et rapides qui peuvent remédier aux pénalités logistiques ?

LYDIE FICHEUX : Rapides et Concrètes ?  Oui et Non,

RAPIDE/CONCRETE OUI : Dans un premier temps, commencer par revoir la rédaction des CGV en incluant les éléments Supply Chain (il n’est pas rare de voir maintenant des CGV et Conditions Logistiques rédigées dans un même document par certains industriels).  

Ensuite demander la négociation de certains chapitres des Conditions d’approvisionnement et de logistiques de certains clients distributeurs.

Enfin rédiger des avenants ou lettre de réserves à ces différents contrats.

RAPIDE/CONCRETE OUI : Accepter de modifier les organisations, développer la transversalité et cesser le travail en silo focalisé sur l’exécution avec des standards et des systèmes différents où règne une compétition entre les services. Tous les acteurs doivent être alignés pour améliorer l’efficacité décisionnelle.

Un Supply Chain management permet une optimisation du fonctionnement de l’ensemble de l’Entreprise, qui est identifiable au niveau du CA. C’est bien de la création de valeur qu’il s’agit et c’est sur le terrain de l’optimisation de la SC que la bataille se joue (voire les distributeurs).

CONCRETE OUI/RAPIDE NON :

Les changements peuvent s’opérer sur différents domaines et cela se fait dans le temps.

Les outils : Mécanisation, Prévisions, planifications, S&OP visibilité à 24 mois, pour gagner en agilité,

La relation client : développer la relation de proximité, offrir de nouveaux services par une meilleure connaissance de ses clients,

Eviter les surstocks et les ruptures, peut-être imaginer des flux de productions tirés par les demandes réelles des clients et s’adapter au jour le jour aux commandes avec des outils comme le DDMPR (Demand Driven Material Requirements Planning).

Des investissements sont nécessaires pour  progresser ; il suffit d’observer l’attitude de certains de leurs clients !


En quoi un accompagnement peut-il permettre d’optimiser la Supply Chain ?

LYDIE FICHEUX : L’accompagnement permet d’avoir rapidement une expertise sur un domaine qu’on ne maîtrise pas en totalité. C’est également bénéficier d’un œil extérieur afin de s’ouvrir aux champs du possible.

C’est obtenir et partager des retours d’expérience d’autres industriels qui conforteront  la confiance et autoriseront certaines postures, ce sera l’accès à la compréhension de nouvelles solutions (la Mutualisation, la GPA, LA VMI, le CPFR), qui sont à l’origine de baisses de coûts.

Eviter de subir, se poser pour analyser en profondeur les besoins d’évolution de l’Entreprise.


Propos recueillis par la FEEF.