Retour sur les "Assises des Nouveaux Enjeux de la Consommation"

La FEEF a organisé le 17 mai dernier ses 1ères Assises sur les Nouveaux Enjeux de la Consommation.

Dans une période d’incertitudes et de tensions (approvisionnements, inflation, renégociations), distributeurs, experts et dirigeants PME ont délivré leur vision du Commerce de demain et échangé sur la place des produits PME.

Cette journée de prise de hauteur autour des nouveaux enjeux de la consommation a permis de dresser l’état des lieux des comportements d’achat des français, d’analyser l’impact de leur rapport à la consommation bousculé ces dernières années, de souligner la création de valeur sociale et environnementale des PME, d’imaginer la transformation du commerce vers des nouveaux concepts affinitaires et celle-ci de plus en plus basée sur les données clients.

[EXTRAITS]

« Nous vivons une période de transition. Ces deux dernières années ont bousculé notre rapport au monde (…) Nous observons 5 tendances qui repensent les valeurs et modes de vie des individus : l’écologie inclusive, les émancipations identitaires, les plaisirs immersifs, les nouvelles efficiences et le Far Web 3.0. Le métier de commerçant prend en compte 4 tendances : un commerce responsable : comment le magasin est devenu une preuve de l’engagement de la marque, un commerce divertissant : comment le magasin devient un vecteur d’émotion, un magasin du soin et du lien et enfin un commerce unifié. »

« La consommation éco-responsable va amener des stratégies de soft power à travers des images de moralité utopique. Cela induit à la poursuite de la consommation voir à une surconsommation. C’est le changement de la continuité. On ne renonce pas au confort et encore moins à l’idée de progrès. Le point clé va être l’injonction au bonheur, cette quête de sens induite par la culture occidentale. La créativité devient un bonheur accessible à chacun. On est dans une marchandisation du bonheur ce qui entraîne un paradoxe : la sur-responsabilisation des individus.« 


« Nos comportements de consommation sont souvent le résultat d’un arbitrage entre nos idéaux et les contraintes auxquelles nous sommes soumis. Les idéaux : ils sont liés à ces tendances sociétales, à chaque individu, c’est un facteur de l’hétérogénéité des consommateurs. Il faut être capable d’injecter de la valeur immatérielle dans les produits. Le pessimisme est dû aujourd’hui à la montée des « risques globaux » et d’un recul des grands récits : on a perdu les clés de lecture de notre monde« 


« Avant 2020 les produits PGC se développaient à hauteur de 1,4 %. La valeur ne se construisait pas sur les volumes mais par la montée en gamme des consommateurs. En 2022 la construction de la valeur va s’appuyer sur l’inflation et entrainer une difficulté pour les consommateurs de monter en gamme. Un écart se creuse entre les produits bio et conventionnels. Les PME sont bien plus présentes sur les produits bio que conventionnels. Les marqueurs forts des marques PME sont leur gage de qualité et leur fabrication locale qui est un sujet qui tient une importance de plus en plus forte chez les français.« 


« Quand une marque a des valeurs fortes, elle ne meurt jamais elle reste dans les esprits. En 2009, on a fait le choix de miser sur le made in France. Notre idée était de trouver une offre différenciante et que les consommateurs valoriseraient le local dans leur considération d’achat. Je crois beaucoup à la transparence : quand on donne l’information au consommateur alors on modifie son comportement d’achat. L’entreprise est le plus puissant outil de transformation de la société. Elle a toujours réinventé le monde. La question aujourd’hui : quel nouveau monde voulons-nous ? »

« Il y a 3 accélérations depuis la période du Covid : la fragmentation de la société, l’accélération de la digitalisation et le pouvoir d’achat qui est affecté par l’inflation. La consommation étant fragmentée, on va devoir y répondre par des concepts beaucoup plus affinitaires. Les marques préférées des français ne comptent aucun des grands distributeurs classiques mais plus des marques propres. A vouloir embrasser tout le monde on ne traite personne. Il y aura probablement plus d’enseignes demain. Le deuxième défi est celui de la MDD. Le pourcentage de la MDD en France est extrêmement bas par rapport à celui de nos voisins« .


« Les français fréquentent en moyenne 5 enseignes différentes. Toutes les enseignes de la GD distribuent une carte de fidélité. Tous ces porteurs de carte représentent 70% du chiffre d’affaires et toutes les données sont utilisables par la grande distribution pour développer leur business. Aujourd’hui les enseignes se structurent pour pouvoir tirer le meilleur profit possible de toutes ces données. Les données clients sont complémentaires aux données des panels. Elles permettent d’aller beaucoup plus loin dans le diagnostic et de donner un éclairage client qui est complémentaire.« 


« L’industrie fait du « push produit » depuis 60 ans. Ce qui entraîne la création de nombreuses innovations qui disparaissent deux ans après leurs lancements. Une solution : écouter et co-créer avec les consommateurs. Scanup vous propose de tester le produit avant sa mise en rayon afin de les valider auprès des consommateurs ».

Témoignage d’Alexis Chassagne, fondatrice de Juste Pressé, sur son utilisation de l’offre ScanUp.


« Aujourd’hui le consommateur ne sait pas quoi croire et qui croire. Le défi pour les marques est de montrer que l’on peut rester authentique, transparent et capitaliser. L’authenticité est le retour aux vraies choses, sans filtres ni artifices. Les attentes des consommateurs sur les réseaux sociaux c’est de la sincérité de développer une interaction sincère et de l’échange, les réseaux sociaux sont les outils de prédilection pour échanger. »

Interview réalisés lors de la matinée organisée par la FEEF « Les nouveaux enjeux de la Consommation »