L'info produit : Entretien avec Sophie Bonnet, coordinatrice Qualité Produits et Responsable cellule transverse. Direction Qualité Développement Durable. Intermarché.

Propos recueillis par Olivier Collet pour « Passerelle », la Lettre de la relation PME-Distribution publiée par la FEEF.

En quoi qualifieriez-vous le Franco Score d’utile et quelle en est la perception consommateur ?

Sophie Bonnet : Avec le Franco Score, Intermarché s’est lancé un nouveau défi pour toujours plus de transparence. Nous affichons depuis longtemps le lieu de production sur nos produis fabriqués en France. Aujourd’hui avec le Franco Score, nous renforçons cette information consommateurs en affichant le pourcentage d’ingrédients d’origine française contenu dans nos produits.
Répondre ainsi aux exigences des consommateurs en termes d’information sur l’origine et leur permettre de faire des choix éclairés lors de leurs achats nous est apparu primordial. C’est pour cela que nous avons créé le Franco Score.

Le second enjeu majeur du Franco Score vise à valoriser les produits issus des filières agricoles françaises. En effet, le calcul du score est basé sur l’origine française des ingrédients et des matières premières brutes agricoles : des flocons de pomme de terre par exemple ne pourront être comptabilisés comme français que s’ils ont été fabriqués en France à partir de pommes de terre cultivées en France. Ce système se veut vertueux pour contribuer à terme à augmenter la part d’ingrédients français dans nos produits.

L’étude consommateurs menée en amont du lancement Franco Score a pu démontrer l’engouement des français interrogés pour cette initiative, jugée rassurante, innovante et faisant preuve de soutien à la production hexagonale

Historiquement appliqué sur vos MDD, ce label est proposé aux MN. Combien de produits MDD et MN sont concernés ? Quelles sont les familles de produits les plus impactées ?

SB : Nous avons lancé notre démarche Franco Score avec les produits de nos propres unités de production et nous venons de lancer la phase de déploiement pour les références de nos fournisseurs partenaires pour la MDD.

A date, ce sont plus de 500 produits qui portent le Franco Score sur notre drive, faisant partie du quotidien de nos clients : charcuterie, produits laitiers, produits traiteur, viande, conserves de légumes, céréales… et bien d’autres segments à venir.
S’agissant des MN, des échanges sont en cours avec certaines d’entre elles.

Sur quelles familles de produits portent vos projets de déploiement de ce label ?

SB : Notre objectif étant la transparence des informations mises à disposition du consommateur, le Franco Score a pour vocation d’être calculé et affiché sur une large gamme de produits.
La démarche a d’abord été initiée sur nos marques Monique Ranou et Pâturages, pour répondre à la demande de transparence accrue des consommateurs sur les filières lait et charcuterie. Aujourd’hui, une douzaine de nos marques propres porte le Franco Score sur notre Drive et le déploiement se poursuit, avec un objectif de 1 000 produits affichés à la fin de l’année 2022.

Comment embarquez-vous vos fournisseurs MDD ?

SB : Mettre à disposition des consommateurs le Franco Score nécessite de dresser un inventaire exhaustif des ingrédients 100% français avec leur pourcentage associé et de contractualiser ces données dans le cahier des charges du produit. Cette phase de fiabilisation des données est essentielle. Le fournisseur de produits MDD est donc contacté par nos équipes et informé du lancement de la démarche sur ses produits. Il doit compléter si besoin les données dans le cahier des charges. Sa contribution s’arrête là.
Intermarché prend le relais et se charge d’effectuer le calcul du Franco Score à partir des informations contractualisées et mises à disposition dans le cahier des charges.
Pour une parfaite information du fournisseur, la méthodologie complète de la démarche est à sa disposition dans un contrat.
Pour assurer ce défi, nos équipes qualité MDD sont là pour accompagner les fournisseurs.

Quels sont les critères d’obtention de ce label ?

SB : Pour être éligible au calcul du Franco Score, le produit doit sortir d’une usine française et prendre son origine en France selon le code des douanes européen c’est-à-dire que la transformation effectuée dans l’usine doit être substantielle ou bien que les ingrédients et matières premières brutes agricoles doivent être cultivés/nés/élevés/abattus… en France dans le cas des produits non transformés. Un pur jus d’orange simplement conditionné en France, dont les oranges ont poussé au Brésil, ne pourra pas porter le Franco Score au même titre qu’un haricot vert cultivé en France mais mis en boîte en Belgique.
Nous avons également fait le choix d’exclure certaines catégories de produits comme les eaux par exemple.

Quels sont les modes de contrôle et à quelle fréquence ont-ils lieu ?

SB : Un système de contrôle de la chaîne d’approvisionnement a effectivement été pensé afin de garantir l’origine française de l’ingrédient jusqu’à la production primaire grâce à la plate-forme Transparency-One. Cette plate-forme a pour objet, de manière générale, de permettre d’identifier à partir du fournisseur du produit d’Intermarché (de rang 1) tous les opérateurs de la supply chain concernés par le ou les ingrédients d’origine française jusqu’à la production primaire. Elle permet également d’apporter tous les éléments de preuve, de la supply chain concernée et de la part de tous les opérateurs, qui justifient de l’origine française de ces ingrédients dans le produit.

Un système d’audits tierce partie chez le fournisseur a également été pensé afin de vérifier les éléments de preuve de l’origine française des ingrédients déclarés dans le logo Franco Score ainsi que le pourcentage incorporé dans la recette.

Interview extrait de Passerelle. La lettre de la relation PME-Enseigne, Mars 2022. Publiée par la FEEF.